Trois questions à Corinne Décosterd, co-initiatrice du projet – 02.10.15.

Corinne Décosterd, 28 ans, est infirmière aux HIB de Payerne.

Elle souhaite réaliser ce projet de maison autarcique afin de montrer comment nous pouvons recréer le lien avec la nature. Trois questions pour comprendre sa démarche.

Corinne Décosterd

D’où vous vient cette sensibilité pour la nature ?

J’ai été sensibilisée depuis mon plus jeune âge au développement durable en ayant grandit dans des pays dits du Sud. La nature et son évolution sont une ressource primordiale pour moi, j’ai grandit dans des pays où certaines populations vivaient en interaction constante avec la nature, au rythme des saisons et en autarcie complète. Nous sommes d’accord que ce n’est pas toujours un choix de vivre ainsi dans ces pays. Certaines populations que j’ai rencontré vénéraient la nature et lui donnaient une dimension mystique. Cette dimension nous l’avons perdue avec le développement de la technique et la modernisation de notre mode de vie. Nous ne ressentons plus la nature

Pourquoi prendre le risque de construire une maison aussi innovante ?

Nous entendons souvent parler du développement durable, d’actions devant être mises en place pour les générations futures afin de leur laisser un environnement sain. Mais en réalité, cette génération future c’est nous, c’est Marc, c’est moi, c’est notre génération, elle est déjà là.

Dans le monde, nous devons faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Selon certaines prédictions, le 21ème siècle sera celui des réfugiés climatiques et de l’extinction de la plupart de grands mammifères. On parle maintenant de la 6ème grande extinction des espèces vivantes. La 5ème grande extinction étant la fin des dinosaures. Nous allons perdre en biodiversité. Mais pas seulement.

Nous aimerions, par le biais de cette construction, prouver aux personnes qu’il est possible d’allier l’écologie à la modernité, le respect de la nature à un style de vie de qualité, et la vie en autarcie comme une solution.

Vous parlez de permaculture dans votre discours, qu’est-ce que cela signifie ?

Dans les pays développés, dits du Nord, depuis une quarantaine d’années, naissent de nouvelles idées de méthode de production et de gestion des ressources bien plus proche de la nature. L’une d’entre elle s’appelle justement la permaculture, qui prend ses racines auprès deux mots: culture et permanence.

Marc et moi-même nous nous sommes intéressés à la permaculture, terme qui pourrait faire penser à une forme extrême de culture biologique. En réalité il s’agit d’un respect de notre environnement, d’écologie et d’utilisation des ressources naturelles. Pour certaines personnes, l’écologie ferait même partie d’une spiritualité. En permaculture, le principe est simple : tout ce que nous prenons à la nature, nous devons le lui rendre d’une manière ou d’une autre. Ce concept a inspiré tout du long l’élaboration des plans de notre projet, dont le positionnement des éléments et l’aménagement de notre terrain.

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